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Les journalistes toulousains ont-ils le droit d’enquêter ?

publié le dimanche 22 janvier 2017

A Toulouse, où des journalistes et des médias indépendants tentent de faire leur métier, parmi les sujets sensibles sinon interdits, figure en bonne place le respect par les élus de l’obligation de déclaration de situation patrimoniale et de déclaration d’intérêts prévues par la loi du 11 octobre 2013 sur la transparence de la vie publique (1).

Dans son enquête publiée par l’hebdomadaire « Marianne » daté du 6 au 12 janvier : « Un président transparent… mais pas trop ! » (2), notre confrère Frédéric Dessort (3) effectue un état des lieux de la déclaration d’intérêts transmise par Georges Méric, président du Conseil départemental de Haute-Garonne à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique (4). Et il souligne une particularité : alors que la déclaration d’intérêts est accessible à tous sur le site de la Haute Autorité, la déclaration de patrimoine est consultable seulement en Préfecture et uniquement pour les parlementaires et non pour les dirigeants d’exécutifs locaux. L’enquête est signalée et reprise sur le site et le compte Facebook de « Côté Toulouse », tandis que France 3 Midi-Pyrénées diffuse un reportage et publie un article sur son blog politique.

Georges Méric charge dans les jours qui suivent son avocate d’adresser des courriers à tous les journalistes et médias ayant relayé cette enquête : l’auteur, Frédéric Dessort ; Pascal Pallas et Caroline Müller de « Côté Toulouse », la direction régionale de France 3 Midi-Pyrénées et Renaud Dély, directeur de la rédaction de « Marianne ». Les termes de ces courriers, très semblables quels que soient les destinataires, n’hésitent pas à évoquer un « but manifeste de nuire à l’image et à la réputation » [de Georges Méric], des « allégations mensongères », et signalent que « Monsieur Georges Méric se réserve la possibilité de saisir la justice ». Alors que cette enquête, précédée d’un travail de plusieurs mois de la part de notre confrère, s’en tient aux faits et ne contient aucun élément anticipant ou qualifiant la situation juridique de Georges Méric, les courriers de son avocate n’hésitent pas à utiliser des termes menaçants pour les journalistes, ignorant sans hésiter la notion de liberté de la presse.

L’Association des Journalistes de Toulouse et de Midi-Pyrénées soutient l’ensemble des journalistes et des médias mis en cause. Monsieur Méric, ne cédez pas vous aussi à la facilité de vous attaquer aux journalistes, traditionnels boucs-émissaires des politiques ; ce serait tout à votre honneur.

Sylviane Baudois, vice-présidente de l’Association des Journalistes de Toulouse et de Midi-Pyrénées

(1) https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000028056315 L’article 11 concerne particulièrement les chefs des exécutifs des collectivités territoriales.

(2) https://www.marianne.net/haute-garonne-georges-meric-president-transparent-pas-trop-100249094.html

(3) Secrétaire de l’Association des Journalistes de Toulouse et de Midi-Pyrénées

(4) http://www.hatvp.fr/la-haute-autorite

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